Entente Spéléologique Vosgienne

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Accueil Dernières sorties 2018-10-13 Trou du Pic

13 octobre 2018

Le Trou du Pic

Sainte-Marie


Participants : Marc, Gérard, Jean-Jacques, Xavier, Sébastien d’Aragonite et Regis du GSML d'Héricourt.

 

Voici longtemps que ce « Trou du Pic » excitait notre imagination voire nos phantasmes. Il faut dire que les spéléos de Haute Saône et de ses confins ne sont pas de grands communicants et qu’il faut savoir s’agripper comme un morpion à chaque contact pour espérer découvrir une parcelle de leur patrimoine souterrain. Nous avons pu ainsi parcourir à l’arraché le Chaland à Arbecey ou la Grotte de Solborde à Vesoul… Les rares photos glanées sur le net avaient de quoi ouvrir l’appétit : dam, une grotte où l’on peut faire du kayak, ce n’est pas si fréquent ! Nous espérions connaître la grotte lors du congrès de l’Isle sur le Doubs et vlan, la voilà retirée du programme… Mes demandes de contact étant restées sans réponse, c’est grâce à une rencontre fortuite avec Régis jeune cordiste du Groupe Spéléo Marcel Loubens d’Héricourt que cette cavité mythique allait enfin se révéler !

Vers 10 heures, après moult péripéties routières, nous parvenons enfin à rejoindre la « vieille tour » d’Héricourt en plein centre-ville où le GSML a ses locaux et quels locaux ! Nous découvrons tout esbaudis un curieux château médiéval coupé en deux et rafistolé de partout dont le club a aménagé les immenses caves voûtées en palais des congrès rustique avec cheminée géante.

A proximité, une maison entière leur sert de local où s’entasse un matériel lourd à faire pâlir d’envie le Kiloutou du coin et faire se pendre Néric. Le château aux vastes salles décaties leurs sert de terrain de jeu et de salles d’exposition. Nous tremblons d’effroi lorsque nous entendons les anciens du club parler à voix basse de « préparer le goudron ». Allons-nous ressortir de cet antre sur un rail enduits de goudron et de plumes ? Non, il s’agit juste de réparer une fuite de la voûte de la cave. Après la visite en règle des locaux, avoir bu une binouse et s’être rassasiés, nous partons à Sainte-Marie au point X où se situe la bouche d’égout donnant accès au « Trou du Pic » alias « l’Ougre ». Celle-ci est tout prêt de la route Y qui va de B à C et à proximité d’une autre entrée W qui sert de leurre à ceux qui veulent pirater X. Nous sautons dans nos néoprènes avant de nous exciter à tour de rôle sur le cadenas à code qui refuse de s’ouvrir alors que nous y entrons bien le bon code qui est : "&é6(_8ç)}@\#¤*%?è€nbvà_|[#~é", fastoche ! Allons-nous encore faire chou blanc ? Ouf, il cède et nous pouvons dégringoler les échelles du puits artificiel de 6 mètres qui rejoint directement la rivière à sec où un « niveaumètre » à bouchons inspiré du Rupt du Puits ou l’inverse indique quand il ne faut pas aller plus loin. Aujourd’hui, aucun risque, il n’a pas plu depuis 5 mois !

Nous parcourons à sec la première partie de la cavité la plus belle car très corrodée et agrémentée de concrétions exceptionnelles pour le Doubs : excentriques, fistuleuses à gogo ; dents de cochons, langues de belles-mères et autres cotillons tout blanc.

   

Les spéléos locaux veillent sur ce petit monde comme autant de mères juives : tout est balisé, les moindres passages bas sont équipés de caillebotis de chantier ou de plancher marqueté, les concrétions cassées bénéficient de touchantes atèles en vue d’une hypothétique consolidation, des défibrillateurs cardiaques se cachent sous chaque rocher… D’aucun dirait que c’est too much mais la préservation de ces merveilles est sûrement à ce prix !

Après plusieurs centaines de mètres de casse pattes qui nous font cuire dans nos néops, de vastes bassins annoncent la suite de la progression qui sera presque essentiellement aquatique. Des roulements de tonnerre anxiogènes se font entendre aux retardataires : il s’agit des kayaks et autres engins flottants que l’on tire de leur renfoncement rocheux en hauteur.

   

 

La vraie rivière est là, large et profonde bordée tout son long en rive droite par une main courante en corde. Ceux (les plus fins) qui parviennent à entrer dans les kayaks pour nains choisissent ce mode de locomotion ; pour les autres ce sera la chambre à air de camion ou le kit bidon des Furets Jaunes.

 

Gérard nous rejoue à cent mètres de l’embarcadère le naufrage du Titanic la tête dans l’eau ce qui le pousse à abandonner là. Les autres poursuivront vaille que vaille ; les uns arrogants sur leur esquif fendant les ténèbres donnent des grands coups de pagaie, les autres poussifs se tirent à la corde jusqu’au lac final que l’on peut admirer après avoir escaladé une barrière d’argile accentuant l’effet de la gravitation. Il est préférable de ne pas marcher dans la rivière car son fond loin d’être lisse cache une multitude de failles et trous capables de briser une patte de spéléo comme un fétu de paille, ma cuisse bleue en témoigne ! Le retour se fera à vitesse express malgré les morceaux d’un kayak en résine éclaté que nous sommes chargés de rapporter à l’entrée. La bière fraîche coulera à flots aux voitures avant séparation mutuelle. Nous sommes prêts désormais à suivre Régis les yeux fermés pour découvrir de nouvelles merveilles locales cachées.

J.Jacques  

 
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