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Accueil Dernières sorties 2018-09-30 Grotte de la Tuilerie

 

30 septembre 2018

 LA GROTTE DE LA TUILERIE

 Gondenans-Montby


Participants : Jean-Jacques, Sébastien d’Aragonite et Gérard.

Il y a bien longtemps le 13 mai 2010 exactement, j’avais lancé l’idée de visiter toutes les cavités de Franche Comté un peu conséquentes mais inconnues, peu fréquentées, mal aimées… Bref dont on savait peu de choses car ne faisant pas partie des « classiques ». Notre visite à la grotte de la Tuilerie à Gondenans Montby peut tout à fait s’inscrire dans cette série qui jusqu’ici nous a plutôt souri !

Nous arrivons Séb et moi à 11h30 pétante ; Gérard est déjà là depuis une heure pour une raison qui restera à jamais inconnue et a pris contact avec les chasseurs plutôt aimables du coin. Après une collation méritée (?) prise au soleil, on s’équipe et Gérard nous remet une mini topo plastifiée qui nous met la larme à l’œil en se remémorant le bon temps jadis où Jean Pierre surnommé « l’oncle Paul » après une petite pipe nous tapotait gentiment la tête en nous glissant paternellement dans la poche de combi ces mêmes documents agrémentés de quelques cachous pour le coup de barre à venir pour certains ou tout simplement pour l’haleine pour d’autres.

L’entrée de la grotte s’inscrit à gauche d’un porche chaotique car fouillé en fond de comble. Elle est étroite car ayant subi un essai avorté de bétonnage en vue d’y fixer une porte.

   

Suit une galerie aux concrétions ternes où on progresse à quatre pattes ou courbés jusqu’à la « Salle de Squelettes » qui est en fait une vaste galerie basse qui porte partout outre des dédicaces anciennes la trace de fouilles archéologiques ou de simples pillages car cet endroit a servi de nécropole à l’âge du bronze. On s’imagine mal nos ancêtres trainant les cadavres de leurs proches dans ces conduits improbables mais ils l’ont fait !

 

 

Une des suites se trouve au fond de la salle joliment concrétionnée à gauche. Nous y sommes guidés par un formidable écho qui annonce un vide important.

 

Nous dégringolons encordés une suite de ressauts creusés de gours paraissant artificiels donnant accès à un balcon panoramique avec vue sur la rivière dix mètres en contrebas. Cette enfilade et le puits s’équipent avec une C40, 5 spits et un AN. Il y a aussi des goujons mais sans leurs écrous. Du balcon part une galerie qui rejoint la rivière post siphon (non descendue). On peut se livrer là à de stentoresques concerts de chants libertino-grégoriens car l’acoustique y est fantastique.

Par contre, la méduse « aussi belle que celle de Padirac» selon Fournier nous a semblé quelque peu superfétatoire ! La rivière atteinte par un puits incliné de 10 mètres est aussitôt barrée à l’aval par un siphon et peut être parcourue vers l’amont sur quelques dizaines de mètres avant de rencontrer un autre siphon qui peut être shunté d’après la topo de 1969 par « un passage supérieur » sans plus d’explications. Là, dans une faille borgne pendouille une corde en fixe. Sèb est envoyé en éclaireur et disparait bientôt dans les plafonds avant de nous héler. On ne le rejoindra jamais par un puits remontant de 6 mètres suivi par un autre plein vide de 5 environ. Gérard lâche l’affaire en haut du P5 sur étroiture remontante, moi en haut du puits précédent car j’ai déjà le baudrier au niveau des genoux et j’ai peur de me retourner dans le plein vide en l’absence de mon torse magique « anti pieds en l’air » (oh odieuse bedaine ! oh polygone de sustentation trop bas abhorré !). Les plaquettes alu en place semblent bien morflées mais ça encaisse mon petit quintal. De retour au pied du P10, j’ai la surprise d’y entendre Séb qui est revenu à la salle des squelettes après un long et tortueux cheminement. Il a croisé en route le départ en toboggan du P10 ou 15 qui permet de retrouver la rivière derrière siphon (non descendu). Nous ressortons en milieu d’après-midi après 3 heures passées sous terre ; on aurait pu y passer deux de plus en furetant partout.

   

Comme il nous reste un peu de temps de cerveau disponible, nous partons retrouver les accortes gentes dames enturbannées croisées à l’aller à l’entrée du château médiéval du village. Elles attendaient un rassemblement anachronique de Ford Mustang animé par un groupe de reconstitution historique. La maîtresse des lieux désormais en civil nous fait une visite approfondie de la forteresse qui a su se remettre tant bien que mal de moult pillages successifs.

   

Elle nous annonce la création prochaine d’un gîte de groupes promis sans doute à un grand succès en cette contrée bénie où foisonnent les grottes mais où les hébergements brillent par leur absence.

Bref, une grotte d’une grande variété malgré un petit développement, idéale pour la découverte et l’initiation jusqu’à la rivière et où l’on peut faire un circuit en boucle pour les plus confirmés doublée d’une superbe forteresse médiévale à visiter ; que demande le peuple !

JJacques  

 

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