Entente Spéléologique Vosgienne

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Accueil Dernières sorties 2014-12-20 Langerschaft

Spéléo dans la mine de
Langerschaft
Sainte-Marie-aux-Mines

Sainte-Marie-aux-Mines

Après une sortie avortée le 6 décembre pour de multiples raisons plus ou moins fallacieuses, c’est sous la tutelle bienveillante de « Nounours » un solide gaillard du cru au corps magnifiquement sculpté par la choucroute et les boissons houblonnées que Gérard, JJ et Chantal se retrouvent devant la gendarmerie de Sainte Marie aux Mines pour s’enregistrer comme doit le faire tout visiteur de nos anciennes mines lorraines d’argent annexées par nos confrères et maintenant quasi frères forcés alsaciens. S’est joint au groupe Julien, spéléo technophile qui vient de s’imprimer un ersatz de Scurion sur la tête et cache dans son coffre un hideux « robot de combat » terminatoresque.

Après ces formalités, nous remontons la vallée de Rauenthal par la route puis par d’épouvantables chemins forestiers pentus défoncés par des grumiers polonais furieux jusqu’à la crête de la montagne salués par une volée de flocons de neige. L’habillement est rapide dans le blizzard et les pieds dans la boue. L’entrée supérieure de la mine est vite rejointe à quelques mètres sous la crête, entrée protégée par quelques bois et un tonneau pourris.

  Sainte-Marie-aux-Mines Sainte-Marie-aux-Mines

 Le filon métallifère quasi vertical a été vidé depuis le bas sur une centaine de mètres de hauteur en laissant un vide négatif du filon appelé « dépilage ». Nous allons parcourir une infime partie de ce gruyère creusé de main d’hommes en traversée. Les puits sont équipés en conséquence de chaînes pour la technique « canyon » du rappel de corde. Ce n’était pas trop prévu mais j’ai par miracle un descendeur 8 ; la plus longue de nos cordes pourra faire l’affaire avec quelques raboutages savants et cerise sur le gâteau : on ne remontera pas ! C’est Julien de retour d’un séjour canyon à la réunion qui sera le maître d’œuvre à l’équipement et Gérard au rappel de corde : ils maîtriseront tous deux parfaitement leur affaire.

  Sainte-Marie-aux-Mines Sainte-Marie-aux-Mines

Dés l’entrée, la plastique avantageuse et rassurante de Nounours posera quelques problèmes dans un resserrement que je passe comme une fleur, enfin maigre ! Nous dégringolons une magnifique enfilade de puits dos aux parois sculptées de millions de coups de pointerolles. Nous croisons de loin en loin quelques bois en place dans leurs cavités de poutrage depuis le XVI° siècle. Parvenus au niveau de base, quelques contorsions dans un goulet nous amènent dans un vaste carrefour de galeries horizontales constellées de bougies et où trône une table satanique couverte d’un drap rouge : on s’attend à tous moments à voir entrer Gilles de Rais avec un enfant sous le bras !

 Gilles de Rais

On est désormais dans la partie touristique de la mine où se prépare une visite nocturne raison de la présence de ces centaines de lumignons. La sortie est évidente : suivre le courant d’air violent et les bougies. Le trajet est agréable émaillé des reconstitutions de l’ASEPAM, le club archéo-spéléologique historique qui gère l’endroit : ici un treuil, là une pompe, là encore un cuvelage de puits.

  Sainte-Marie-aux-Mines Sainte-Marie-aux-Mines

Tous les réseaux inférieurs sont noyés faute de pompage ou de galeries d’exhaure et donc inaccessibles sans bouteilles de plongée. Nous empruntons de magnifiques galeries XVI° taillées à forme humaine à la pointerolle et au marteau : un travail titanesque !

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On voit encore les traces de calfeutrage à la glaise des faux plafonds qui couraient dans ces galeries et qui servaient à évacuer les fumées des attaques au feu et l’air vicié, des rails de bois courent au sol ; rails où cheminaient les « chiens de mines », petits chariots poussés chargés de minerais guidés par un clou.

Nous voici dehors après avoir traversés la partie boisée qui protège les entrées des éboulements dans la roche pourrie. Nous rejoignons une cabane où nous sommes accueillis par des membres de l’ASEPAM qui peaufinent leurs préparatifs et nous donnent des détails historiques. Ils nous suggèrent de parcourir d’autres galeries par une autre entrée à proximité. Nous y allons mais nous rebrousserons chemin dans un dédale de passages étroits en plafond où les bougies ne sont plus là pour nous guider. Il reste à remonter à l’os et à flanc de coteau abrupt tout le dénivelé que nous avons descendu, nous regagnons les voitures à la nuit tombante. Après un verre de soupe et de vin chauds offerts par Nounours qui doit vite aller honorer un contrat de père Noël dans un village voisin ; nous repassons une deuxième couche de boue sur les voitures en espérant que les carters d’huile tiendront le coup !

En bref : une bien belle et pédagogique sortie qui ne correspond bizarrement à rien de la même sortie, il y a plus de 15 ans avec les défunts GUS et SCHM.

 Sainte-Marie-aux-Mines

J.Jacques

 
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