Entente Spéléologique Vosgienne

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Accueil Dernières sorties 2013-12-21 Vielle folle-Essarlottes

Perte de la Vieille Folle à Déservillers
et
gouffre des Essarlottes à Gévresin

Ce week-end qui devait réunir une bonne poignée de spéléos s’est vu réduit au minimum syndical par le désistement lusitanien de son principal instigateur et de sa descendance. C’est donc 5 personnes en deux voitures qui se retrouvent à l’heure du manger sur un bord de route en partie enneigé près de Déservillers. Là tournent en rond des nemrods locaux. Partout autour des coups de feu claquent mais heureusement tout ce petit monde s’apprête à partir.

C’est le gouffre de la Vieille Folle qui est au programme pour occuper cette demi-journée sans sortir trop tard. Il s’agit d’une perte du réseau du Verneau pénétrable sur 500 mètres mais séparée de lui par plusieurs siphons hélas. La sortie essentiellement aquatique est attendue depuis 25 ans par JJ. Les néoprènes à l’inverse d’un gros chèque sont toujours aussi difficilement endossées ; le kit est prêt, en route !

Vieille Folle  Vieille Folle  Vieille Folle

Après une marche de quelques centaines de mètres dans la neige, nous découvrons la très jolie entrée double du trou : une en plein cintre est sèche, dans l’autre s’engouffre un ruisseau d’eau glacée de fonte des neiges. Après une vaste galerie refuge des araignées et papillons se présente le premier obstacle : un long bief où il faut nager. Heureusement une corde en fixe permet de maintenir la tête hors de l’eau et JJ abandonne là la C.30 prévue qui manquera ensuite comme toujours !

Vieille Folle  Vieille Folle  Vieille Folle

La galerie s’encaisse ensuite et on se rend compte alors de la force du courant. Partout des morceaux de bois coincés à divers niveaux prouvent que le réseau a été en très grosse crue, il y a peu. Cela se confirme dans une espèce de bassin où des branches d’arbres ont fait barrage empêchant le passage vers la suite et nous obligeant à sacrifier une corde du fond pour descendre un ressaut qui contourne l’obstacle. Nous nous retrouvons en aval du barrage qui peut craquer à tout moment en déversant des dizaines de mètres cubes d’eau et impossible de le faire lâcher préventivement, c’est bien coincé !

Vieille Folle  Vieille Folle  Vieille Folle

Nous butons ensuite sur un P.11 où se déverse une cataracte. Il faut manifestement l’équiper hors crue mais où ? C’est Xavier qui s’y colle en cherchant des spits très loin mais la C.25 pour une C.20 donnée par la topo que nous possédions n’y suffit plus et la corde s’avère trop courte.

Vieille Folle  Vieille Folle  Vieille Folle

Transis de froid dans les embruns glacés, nous décidons d’arrêter là et alors que Xavier déséquipe, un miracle se produit ! Tout à coup tel un remake des dix commandements de Cécile B 2000, la cascade se tarit totalement, nous marchons désormais sur un sol sec là où il y a deux secondes grondait un torrent furieux ! Nous nous apprêtons à tomber à genoux en remerciant Yahvé, nous attendons la pluie de sauterelles, la manne céleste ou l’arrivée de l’armée de pharaon. Nous sommes le club élu par le très haut ! Nous aurons toutes les subventions du CNDS ! Las non, Benoit découvre la clé du mystère : il a fait pivoter un gros tronc d’arbre vertical qui bouchait, telle la bonde d’un lavabo géant, une faille sous nos pieds où tout le ruisseau s’engouffre désormais. Ce puits n’est donc jamais en crue ! On rentre quand même. JJ se traine à l’arrière en tirant la patte maudissant sa hanche gauche qui l’empêche d’arquer depuis plusieurs jours.

Comme il fait encore jour, nous allons à Gévresin repérer l’entrée du gouffre de la Voie aux Vaches, la nouvelle entrée plus ou moins artificielle du gouffre des Essarlottes qui ne craint pas en cas de crue et qui a l’avantage d’être équipée en fixe à partir de la base du premier puits nous a dit Nicolas qui y est allé voici 15 jours. Après s’être perdus dans la forêt et avoir singé le trophée Andros) sur des routes forestières verglacées (Gérard restera enlisé pendant un bon quart d’heure), nous trouvons enfin l’entrée au bout d’une vaste vallée sèche : une vaste doline d’effondrement finie à la pelle mécanique avec une porte grillagée.

La soirée se passe au refuge de Lison Accueil à Nans sous Saint Anne où ronronne un poêle couvert d’écrits cabalistiques et sataniques. Là, Gérard qui veut qu’on mange à 18 heures comme aux Trois Epis où il a été mis en pension forcée par sa femme m’intime l’ordre de préparer sur l’heure mon riz au bon gras qui requinque toute la maisonnée puis au lit sans tarder.

Dimanche : lever 8 heures, 6 heures pour Xavier qui veut absolument déchiffrer les écrits du fourneau. JJ déclare forfait pour la sortie et passera sa journée on ne sait pourquoi à sculpter des têtes de fémur gauche dans les buches du poêle pour les brûler ensuite tout en lisant les incantations non déchiffrées nu au centre d’un pentacle dessiné avec la sauce tomate du riz.

  Vieille Folle 

Ne voulant pas renouveler l’expérience de la veille, nous faisons un bout de chemin à pied, dans la neige. A 9 heures, nous sommes à l’entrée du trou. Nous savions que le gouffre était équipé en fixe à partir de la base du premier puits. Xavier équipe une première longueur et, n’ayant pas trouvé d’équipement remonte et envoie Benoît rechercher tout le matériel prévu pour cette descente. Pendant qu’il équipe la deuxième longueur, Gérard enkite les cordes et ferme la "marche" en descendant ce kit. Après la troisième longueur, nous trouvons l’équipement annoncé et abandonnons le kit si amoureusement préparé par Gérard. Cet accès aux Essarlottes étant artificiel, nous sommes attentifs à ne pas décrocher de pierres mal stabilisées ; quelques-unes partirent toutefois, sans grand dommage. Arrivés à la rivière qui est en crue, nous découvrons de grands espaces dans un vacarme assourdissant ; nous abandonnons nos kits et remontons le cours du torrent, sautant de rochers en rochers. Heureusement, certains passages délicats sont équipés ! Nous passons à côté de l’accès de la galerie du balcon sans nous en rendre compte. Nous rebroussons chemin et cassons la croute au bas de la voie aux vaches. Xavier inaugure sa nouvelle technique, héritée de celle de Jean-Pierre, autrefois : il avait récupéré le riz restant de la veille, amoureusement emballé dans un sac plastique dont la forme suggestive ne peut être décrite ici. La remontée se fait sans encombre et en deux groupes permettant à Benoît et Xavier d’aller visiter jusqu’à la galerie des perles en évitant de froides attentes, malgré les quelques désagréments déjà signalés à la descente. La fonte des neiges se fait sentir, car l’eau ruisselle de partout, et c’est trempés que nous ressortons. Une mention spéciale pour Chantal, notre nouvelle recrue, qui s’est bien débrouillée.

Retour au gîte où notre boiteux, perclus de douleurs dans une hanche (il risque de précéder l’ancien aux Trois Epis – maison pour grabattaires) nous attend. Nous terminons le nettoyage du gîte et retour pas trop tard aux bercails.

Participants : Benoît, Chantal, Jean-Jacques, Gérard et Xavier.

 

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