Entente Spéléologique Vosgienne

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CR camp cds 88 dans les Pyrénées du 20 au 27 août 2011

Participants : Joël, Michel, Bombom et Pelu pour Aragonite,
                          Jean-Jacques, Gérard, Marc, Benoît et Emeline pour l’ESV.

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C’est jeudi soir 18 que Gérard débarque chez JJ la voiture gonflée à bloc d’un tas de choses inutiles dont un mystérieux lot de 396 slips léopard vite écartés qui lui manqueront cruellement pour la suite. JJ se livre à une sélection draconienne type médecine de guerre terrible pour Gégé qui ne peut emporter son service en Baccarat, son armoire normande et son duvet de satin rouge. Néanmoins le Partner atteint vite son PTAC. Le voyage du lendemain se déroula sans encombre apparent en évitant au mieux les autoroutes payantes. La rançon à payer fut une prune de 90 euros pour un radar non repéré parmi les 396 rencontrés durant le trajet (la malédiction des slips ?). L’installation au camping de Villefranche de Conflent pu se faire dans les dernières lueurs du jour. Benoit dut se battre plusieurs heures avec la cathédrale gothique que nous avions mission de monter pour les Aragonites. Partis en début d’après-midi, ils nous rejoignirent avec Marc pendant la nuit après une brève altercation avec les cerbères du camping sous prétexte de tapage nocturne.

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Samedi : Nous visitons matinalement et rapidement le village fortifié de Villefranche de Conflent ; village touristique comme tant d’autres avec ses vendeurs de savon et autres typiques objets du terroir made in India. JJ et Pelu s’achètent d’improbables oreillers, apparemment en satin rouge, qui serviront de boules quiès pour les bruyantes nuits du camping.

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L’après-midi, nous décidons de descendre un canyon d’eau chaude que Joël connait dans la vallée de la Têt à Thuès les Bains. Après une marche d’approche quelque peu paumatoire, nous trouvons le départ où jacasse une troupe de catalans ibériques joviaux. Des vapeurs méphitiques et soufrées emplissent l’atmosphère tuant net les libellules. L’eau est vraiment très chaude, quasi brulante ! Des crapauds bouillis achèvent leur cuisson dans les vasques où nous nous ébrouons quasi nus.

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L’ambiance est torride, les corps alanguis se rapprochent… Réfrénant nos sens exacerbés nous repartons pour descendre une suite de petits crans et toboggans sympathiques. La chaleur devient plus tolérable, de longs filaments blancs ondulent au fil de l’eau : sont-ce des bactéries ou du jus de crapaud mort ? La dernière cascade de 20 mètres nous fait passer sous la ligne du train jaune et regagner la route. C’était chouette mais un peu court.

Dimanche : la grotte d’En Gorner est au programme ; nous allons enfin découvrir ce pourquoi nous sommes ici : découvrir de merveilleuses cristallisations inconnues dans l’Est et on ne va pas être déçus ! Le propriétaire des lieux, un professionnel des sports d’aventures nous confie la clé de ce paradis. On y accède par une minuscule porte blindée à coté d’un micro canal très agréable pour se rafraîchir à la sortie. Nous découvrons une spéléo de dandys : la spéléo dans le marbre rose ! Les roches sont luisantes et polies, veinées, dures et arrogantes comme…. Mais je m’emballe.

Après une longue déambulation dans de grosses galeries très chaotiques, nous commençons à nous demander où sont donc les merveilles promises.

Ah, voici la salle de l’Aigle et les premières stalactites puis les premières aragonites buissonnantes encore souillées d’argile ; des merveilles apparaissent dans les plafonds.

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Nous croisons le « bar » et ses vénérables bouteilles calcitées avant de buter sur l’étroiture de la « baïonnette » sésame d’autres merveilles.Tout le monde passe la boite aux lettres exigüe à l’exception de JJ qui ne veut plus forcer. Le reste de la troupe poursuit son chemin, Jean-Jacques en profite pour parfaire sa collection de photos.

Au retour, BomBom escalade la glissante paroi qui donne accès en plafond à la « galerie des merveilles » et installe une corde. Nous démontons le mur qui a remplacé une porte blindée détruite pour découvrir cette galerie qui dit la topo « a subi un effroyable saccage ». Le saccage ne nous semble pas flagrant et nous restons bouches bées devant une incroyable géode toute blanche où l’on voudrait se faire tout petit. Les flashes crépitent, les ôh âh ! Succèdent aux âh ôh ! Admiratifs. On en prendrait bien un centième pour le mettre dans le Doubs. Toujours tout pour les mêmes ! Salops de nantis !

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Nous ressortons de la cavité au crépuscule après quelques erreurs de parcours. Nous sommes tous dépoitraillés et écarlates car non contentes d’être magnifiques, ces grottes sont chaudes ! Oui, chaudes et sèches ! Ici chaussures de marche et tee-shirts sont de rigueur. Nos sous-combis sont massacrées par les parois très « accrocheuses » ; maman Gaffiot va avoir des travaux d’aiguilles ! La nuit qui suivra verra passer 1053 voitures et 254 motos sur la route jouxtant le camping.

Lundi : Les Canalettes prévues pour mardi, il fallait trouver un canyon pour alterner les plaisirs. N’ayant que des shortys, JJ propose les gorges de Galamus, un site superbe dans les Corbières. Le descriptif trop « pépère » fit faire la moue à quelques uns qui je pense ne furent pas trop déçus à l’arrivée. Après une heure de route de montagne, Michel se fit des frayeurs sur la route des gorges très très étroite surtout avec une remorque.

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La descente de la rivière en fond de gorge fut un festival de sauts et de jeux d’eau très ludiques dans un cadre exceptionnel rappelant les canyons de l’Aragon. Michel fit une thérapie forcée dans les quelques biefs où la nage est obligatoire. La remontée vers l’ermitage troglodyte puis le retour par la route se fit sous un soleil de plomb.

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Mardi : Au programme, la grotte des grandes Canalettes à quelques centaines de mètres de Villefranche. Ce réseau labyrinthique de plus de 27 kilomètres a été topographié par des spéléos espagnols. M. Delonca le sympathique propriétaire de la grotte touristique nous fait signer le carnet des visites et à 10 heures nous empruntons le chemin bétonné des touristes dans une grotte éclairée comme en plein jour. Nous quittons le béton par une longue et glissante dégringolade pour nous enfoncer dans un dédale de galeries de toutes tailles, de salles énormes ou minuscules et de boyaux qui s’entrecroisent. Telle Ariane, M. Delonca nous a confié un rouleau de rubalise pour ne pas nous perdre. Il sera d’une aide précieuse sinon, nous y serions encore !

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Ici, les concrétions ne sont pas qu’au fond ; elles sont partout et beaucoup plus diversifiées qu’à En Gorner mêlant outre d’éblouissantes aragonites, des gours remplis d’énormes dents de cochons, des draperies translucides de toutes les couleurs, de monstrueux piliers…

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Et encore, nous n’aurions pas vu le plus beau ! Nous sortons de cet écrin en soirée, nous aurions pu y passer la semaine !

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Nous retrouvons autour d’une bière notre propriétaire d’En Gorner qui tente de nous expliquer où nous sommes passés sur la topo.

Mercredi : La verticale manquant cruellement à certains ; la majorité du groupe retourne dans les Corbières explorer l’aven Vidal (-190 m.). alt

JJ et Gérard préfèrent aller faire une marche à Font Romeu où JJ en mal de protéines animales dévorera un poulet entier. Nos deux spéléos cacochymes firent le tour des étangs des Bouillouses sous le

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pic Carlit en se jouant des orages qui grondent : une jolie promenade qui ne casse quand même pas trois pattes à un canard unijambiste.

 

Jeudi : Branle bas le combat ! On déménage vers Gavarnie pour passer de la canicule sonore au désert glacé. La matinée se passe à ranger des affaires qui ont bizarrement triplé de volume malgré les victuailles consommées. Gérard repasse les 128 slips qu’il vient de laver pendant que Marc dort au milieu de son capharnaüm.

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Malgré tout, nous sommes au col des Tentes à 2200 m. vers 16 heures où nous endossons d’énormes sacs gonflés à bloc. Nous parcourons vaillamment les 2 heures de marche qui nous séparent du refuge des Sarradets réservé pour la nuit et le souper.

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Seul le passage d’un torrent sur des blocs glissants posera quelques soucis à JJ et Pelu en quête d’un raccourci illusoire. Le refuge qui baignait dans la neige l’an passé à la même période trône cette année dans un univers totalement minéral. Le décor est époustouflant avec en toiles de fond la brèche de Roland et la cascade de Gavarnie, la plus haute d’Europe.

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Le refuge est bondé d’espagnols plus ou moins odorants. Le repas frugal est vite avalé. Il s’ensuit une nuit assez terrible à 60 dans 20 mètres carrés le nez dans les chaussettes de son voisin. Un orage éclate au loin, les prévisions météo ne sont pas folichonnes pour demain !

 
Vendredi
: Départ vers la brèche de Roland dans le brouillard. Ca monte sec, on voit enfin un lambeau de névé. A la brèche, c’est le blizzard, on sort les cagoules. Un inconnu solitaire demande à se greffer à notre groupe, il ne nous quittera plus telle une bernique accrochée à son rocher.

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Nous descendons les pentes à travers blocs et dans les nuages vers la grotte Casteret dont le porche se distingue furtivement dans les trouées. Il n’y a pas de véritable sentier, seuls quelques cairns faméliques.

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L’immense porche enfin atteint nous offre un abri sûr car il pleut désormais, le brouillard est de plus en plus épais ; sortir maintenant serait suicidaire. On tue le temps comme on peut en explorant la grotte et en préparant le bivouac de la nuit. Le conduit principal de la grotte a perdu la majeure partie de sa carapace de glace.

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L’eau libérée est allée reglacer dans les profondeurs scellant l’accès à la salle Maud et à son glacier souterrain. Les Aragonites tentent la traversée totale de la grotte et ressortent à la surface par une escalade scabreuse. Le brouillard leur fait rebrousser chemin, il neige maintenant !

En soirée vers 17 heures, le temps s’éclaircit par miracle ; on parvient enfin à se débarrasser de notre bernique grelottant qui part vers l’Espagne, le ventre vide et les chaussettes trouées squatter un autre groupe.

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Les Aragonites, Marc, Emelyne et Benoit tentent une sortie pour reconnaître le chemin du Casque pour demain.

JJ va herboriser dans les falaises et découvre une mine d’edelweiss ; Gérard recompte ses slips avec angoisse. Le corps expéditionnaire rentre au crépuscule, les Aragonites d’un coté de la montagne, les ESV de l’autre ; la faute au brouillard parait-il !

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La nuit fut affreuse : nous gisons sur un tapis de pierrailles harcelés par des choucas criaillant ; des coulis d’air glacés dans le cou, une température négative sans parler de nos deux ronfleurs supersoniques. Une horreur ! Surtout dans un duvet Quechua produit bleu garanti à + 15°.

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Une apparition :
Le fantôme d'E A Martel à la grotte Casteret

Samedi : Le temps est magnifique, la brèche de Roland brille dans l’aube de 1000 feux ; les bouteilles déposées sous les gouttières sont pleines de glace. Tout le monde emprunte le chemin reconnu la veille vers le col des Isards.

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Les sacs y sont déposés ; la troupe entame la montée vers le sommet du Casque (3006 mètres) qui sera promptement vaincu. Marc fait bande à part et devant la difficulté rejoint le chemin emprunté par le reste du groupe.

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col des Isards et falaise des Isards

JJ est resté au col garder les sacs des copines et des forces pour l’exploration de la ribambelle de grottes des Isards qui s’ouvrent au pied d’une longue falaise qui parpine au soleil.

Le sentier en dévers nous fait accéder à la première : la grotte du Mur. Un lac gelé à l’épaisseur inconnue nous barre le passage ; on le passe sur le coté dans des craquements sinistres. On parvient au pied d’un glacier souterrain formant mur dont la fonte laisse un espace entre le plafond et lui. C’est un signe encore du réchauffement car avant la grotte s’arrêtait ici ! L’obstacle vertical de 5 mètres est vaincu au piolet crampons par BomBom après un essai malheureux de Joël et installe une corde. Tout le monde se retrouve au dessus dans une galerie glacée qui vient mourir sur un nouveau lac glacé sur lequel nous n’osons pas nous aventurer. Sur la rive opposée luit une grande colonne transparente ornée d’excentriques de glace.

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Dans la grotte des Isards numéro 1.

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Dans la grotte des Isards numéro 1.

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Vues depuis la grotte des Isards numéro 3.

Il est temps de penser au retour, les Aragonites voulant être à Lyon en fin de soirée. Le retour se fait à vitesse expresse, les sacs un peu moins lourds des victuailles consommées. Nous empruntons la « vire des Isards » où on s’accroche à une longue chaîne dans un passage plus impressionnant que dangereux.

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A 17 heures, nous sommes aux voitures. Après avoir bu un pot ensemble à Gèdre, les Aragonites filent sur Lyon pendant que les ESV s’installent pour la nuit dans un camping à proximité et vont se taper l’entrecôte frites qui leur a tant manqué ! Ils rentreront le lendemain.

 

BILAN GLOBAL : Ce camp fut une réussite notamment par le temps clément primordial en camping qui fut de la partie. Le programme d’une grande variété et jamais trop physique n’a pas généré de lassitude ou de refus. Il y en eut pour tous les goûts. Il fut même un peu trop foisonnant et me laisse un petit goût d’inachevé : il faudra revenir ! On pourrait faire un camp entier dans les Canalettes ; En Gorner est loin d’avoir livré tous ses secrets sans parler des grottes que nous n’avons pu visiter : Le réseau Lachambre qui se réserve 6 mois à l’avance, Fontrabiouse et sa rivière enchantée, Le Chtullu Démoniaque… Idem pour les grottes des Isards visitées à la hussarde qui mériteraient également une bonne journée d’exploration. Il nous reste à visiter la grotte Bulle et vaincre les autres sommets qui nous tendent les bras. Au chapitre des désagréments, il faut noter le camping très bruyant à éviter à l’avenir et éventuellement la nuit en refuge très chère au regard de la prestation. Le bivouac doit être jouable avec du matériel de qualité et un bon matelas. Quant au trajet pas si long que cela, on gagnera à prendre l’autoroute au vu du risque de se faire flasher sur les nationales. Tout cela donne un camp assez cher ; cherté que le cds 88 viendra atténuer avec une subvention de 400 euros prise à moitié sur le CNDS et pour l’autre sur le CG 88.

 


Jean-Jacques.

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